Les cernes de B.B. et les
sourires qui lui échappaient indéniablement. Mon cœur s'est
enchaîné dans ses propres battements car, bien
avant que l'émotion ne soit palpable, il avait reconnu ces
notes-là. C'était véritablement incroyable
de me retrouver à le parcourir tout entier de mes yeux dans cet air
du soir, celui qui me montrerait la première étoile filante de ma
vie lorsque je levai le nez vers le ciel sur Bellecour, sur cet air
de musique qui depuis longtemps s'est imposé comme une hymne des
soirs sans, comme le refrain des combats qu'on livre en sourdine
contre l'héritage d'un présent qu'on redoute un peu trop parfois.
Il a fallu quitter la chaleur de l'amphithéâtre bien avant la
fin, se faire une raison, ne pas rater le dernier métro et
s'éloigner, sentir tous les pavés de Fourvière rebondir sous mes
pieds, m'arrêter quelques secondes, reconnaître le titre qu'il
chantait, répondre à cet écho en apesanteur et chanter encore. Ce
n'était pas un de ces concerts dont on revient bluffé et le rythme
dans la peau pour la nuit entière, non, là c'est dans le silence
que je me suis sentie confirmée dans beaucoup de choses. Cette ville
m'a remise à ma page. Pendant deux jours, nous avions Lyon qui
s'étendait sous nos yeux et les rues qui n'en finissaient pas de
grimper pour nous mener plus au cœur des choses, vous voyez. Dans ce
petit resto, remarquer avec une dame qui se débarbouillait que la
poignée des toilettes était placée drôlement bas sur la porte.
Derrière cette porte ouverte, trouver deux fripes pour trois fois
rien si ce n'est l'odeur d'années de scène. Le long d'une rue de la
Croix Rousse toujours, piocher des gels douche dans un carton ouvert
aux passants, n'en plus finir de s'exclamer que les gens sont gentils
et que cette ville respire pour de vrai. Entre onze heures et minuit,
sur les bords de Saône, on refait défiler tous les instants dans
nos têtes, on prête du feu, on prend des Schweppes et on se demande
quand est-ce qu'on sait qu'on vit le moment présent et je me dis
qu'en fait la lumière que dégageait la basilique nous fournissait
l'unique réponse. Il y a cette lumière qui ne s'éteint jamais.
mercredi 12 février 2014
13.07.13
Alors qu'enfin du bout du doigt je m'habituais à mon unique présence
entre ces murs de mille ans, il est l'heure de rassembler mes
affaires des quatre coins de ces pièces pour leur assigner un
endroit délimité de celui des autres. Plus que deux nuits où mon
souffle résonnera contre lui-même, plus que 48 heures qui n'en
auront pas l'air car, arrive un moment, celui où rien n'importe car
personne n'attend, les heures contiennent plus que 60 minutes et se
fondent très bizarrement les unes dans les autres. Plus que 5 repas
spontanés où la salade se fane, le pâté s'écrase, le bleu se
raidit, les épinards s'effilent en me disant oui mais c'est que
du bon avant de laisser quelques couverts sales dans l'évier
jusqu'au lendemain. Les papillons de nuits ne seront plus mes
compagnons d'infortune, je ne pourrai plus me plaindre aux oiseaux
qu'ils sont les seuls à me voir étendre le linge. La Dordogne, ma
belle douce, je devrai la partager de tout près et mes pieds
souffriront moins de sa froideur qui s'en va à mesure que ses berges
s'élargissent. Comme à chaque fois, je perdrai 5 ans en 1 jour, je
sentirai mes paroles tourner en rond ou sauter par la fenêtre, il y
aura des étincelles, on aura tous très chaud, on ne se supportera
pas toujours, nous et nous-mêmes-en-nous, on tentera de se détendre
en se demandant quoi faire, on se parlera sans s'écouter, on sourira
pour ne pas rire, on sera tous autour de la table de la cuisine à
pas d'heure pour manger des andouillettes et de la salade.
31.04.13
Bien sûr, mon amour, que
je t'aime et que j'aime le monde entier. Je n'ai pas un ni deux ni
trois amours, j'en ai des milliers sans vrais visages. Ils ne
respirent pas tous, certains sont immobiles, d'autres sont
impalpables et parfois ils ont même la couleur du pamplemousse,
alors tu vois, tout ça pour te dire que parfois je vis avec l'envie
de manger le monde entier en une fois sans mâcher avec la fougue des
premières fois qui n'arrivent jamais. Et souvent, ça ne passe pas,
rien ne se passe.
Je t'aime mon amour, le
monde, tout, je t'aime. J'ai appris à aimer des ensembles car j'ai
peur des limites, monde amour.
06.03.13
Bourdieu qui
m'éclaire, qui voit grand en nous montrant comme tout se confirme au
petit niveau et comme rien ne se comprend mais comme tout saute aux
yeux. La grande bourgeoisie et la petite se vouent au même effort de
distinction, au fond du fond on est tous en mal de reconnaissance, on
veut croire en nos trajectoires mais certaines sont toujours tracées
d'avance, celles qui traversent moins d'étages de la stratification
sociale car elles ont les bras, certes forts, mais plus courts. Les
styles, les styles de vie et les goûts s'opposent, on fait tous
différer nos préférences, surtout par rapport à ceux qui nous
sont le plus proches. Cette bataille se teinte de dédain ou de
rancœur, du mépris des uns contre les autres et des autres contre
les uns, tous autant que nous sommes, mais au fond les mêmes
mécanismes opèrent. On naît ce qu'on devient mais chacun amasse
son pactole d'individualité pour essayer de tracer son chemin dans
les fouillis de l'ordre établi.
jeudi 10 octobre 2013
10.10.13
Ce sera ça, désormais,
les jours et les nuits, une succession ininterrompue de vagues, de
remous, de creux, de coton, d'écume légère et de tasses salées.
La vie comme un fil que l'on perd presque toutes les secondes, elle
m'échappe, je refuse formellement de la laisser entrer mais elle
s'embobine toujours autour des cœurs sages.
C'est des voix chuchotées
que je ne veux pas voir se chuchoter. C'est des présences qui
passent de près et de loin que j'aimerais garder pour toujours dans
les endroits que j'appellerai ici, là, céans. C'est des jours qui
s'écoulent plus vite que le sable du sablier. C'est la nuit qui
tombe plus tôt, les mouettes derrière les carreaux et mon radiateur
qui ne veut pas s'allumer, pas encore,
il souffle, le ventre plein de la poussière de siècles entiers.
C'est tous les détails les couleurs les sensations les humeurs les
températures de cette vie que je sauvegarde pour me sauver. C'est
les encore que je n'ose pas articuler quand ça me plaît.
C'est les grandes personnes qui répondent à mes petits appels et
renversent l'ordre de grandeur en élargissant celui des possibles.
C'est le silence, c'est la bienveillance dans tout ce que
j'entreprends, c'est la croyance dans les intérieurs, la croyance
dans les croyances, la croyance dans les regards et rien que les
regards, même ceux se perdent s'étreignent s'éteignent s'évitent
s'évitent encore par peur de se trouver.
vendredi 26 juillet 2013
22.07.13
Il faut bien que ça
sorte toutes ces pensées alors que la pleine lune éclaire les murs
de la maison. Il faut que ça s'en aille chaque jour un peu plus, à
chaque bain dans la Grande douce j'aimerais me délester de quelques
grammes de préoccupations et gagner en échange la délicieuse
capacité de m'émerveiller, de m'attarder, de me poser, de me
reposer sur les choses qui m'entourent, les chaises, les pierres au
bord de l'eau, les bancs sous les grands arbres, les coins d'ombre,
toutes ces choses qui ne bougent pas. Paradoxalement c'est dans cet
endroit incroyablement apaisant que monte en moi l'impression d'avoir
perdu mon chemin, comme s'il n'y avait que deux routes à choisir:
l'indésirable ou l'impossible. J'ai cette capacité à griller mes
cartes avant même qu'elles aient eu le temps d'exister. C'est quand
qu'on apprend à s'apprendre? Quand est-ce qu'on comprend que c'est à
nous de faire les démarches nécessaires et qu'une fois qu'on a
commencé le reste s'ensuit? J'ai perdu le cordon ombilical qui me
rattachait à certaines sphères du monde dans lequel nous évoluons,
je ne sais plus d'où je viens, quel âge j'ai, où j'habite, où je
vais, ce qui occupe mes pensées les plus profondes ni quelles
questions me meuvent, quelles langues m'habitent, ce qui me fait
plaisir, quels mots employer. Je ne sais plus qui m'entoure, quelle
place j'occupe, je perds un peu le sens du présent ou plutôt la
capacité à le cueillir puisque je ne pense plus qu'en termes
d'heures qui passent, de températures à la hausse, de repas, de
satiété, de rafraîchissement, d'agitation ou de silence.
J'ai eu mal pour K. aujourd'hui, 11 heures de travail et les yeux du monde entier rivés sur elle. Les naissances me fascinent mais m'effraient encore plus, à chaque fois je sens qu'au fond de moi les questions se bousculent. Un corps peut-il vraiment supporter tant de tensions, de douleurs et d'émotions? En serai-je là un jour moi-même? Aurai-je des personnes de confiance autour de moi? Aurai-je les moyens d'accueillir et d'aimer un nouveau-né? Je sais bien que sur le moment ces questions ne se posent plus mais là, bizarrement, elles prennent beaucoup de place. Je vois des gens tout autour de nous, des rythmes le long de l'eau, des enfants qui courent et s'agitent pour aller se chercher une crêpe, leurs parents qui débarrassent la table en deux-deux et se déhanchent toujours, toutes ces cigarettes entre les pouces et les majeurs qui étirent leurs volutes, ce sont des mondes qui cohabitent et moi au milieu de tout ça, les bras ballants mais le cœur emballé, j'avale ces impressions, je ravale mon appétit d'autrui. Combien de temps encore? Il est temps, je crois, de reprendre le volant, le vrai, celui qu'on tient fermement entre ses doigts le temps d'un été et ensuite la vie entière pour cesser de perdre la direction de l'avant et reprendre possession des virages.
J'ai eu mal pour K. aujourd'hui, 11 heures de travail et les yeux du monde entier rivés sur elle. Les naissances me fascinent mais m'effraient encore plus, à chaque fois je sens qu'au fond de moi les questions se bousculent. Un corps peut-il vraiment supporter tant de tensions, de douleurs et d'émotions? En serai-je là un jour moi-même? Aurai-je des personnes de confiance autour de moi? Aurai-je les moyens d'accueillir et d'aimer un nouveau-né? Je sais bien que sur le moment ces questions ne se posent plus mais là, bizarrement, elles prennent beaucoup de place. Je vois des gens tout autour de nous, des rythmes le long de l'eau, des enfants qui courent et s'agitent pour aller se chercher une crêpe, leurs parents qui débarrassent la table en deux-deux et se déhanchent toujours, toutes ces cigarettes entre les pouces et les majeurs qui étirent leurs volutes, ce sont des mondes qui cohabitent et moi au milieu de tout ça, les bras ballants mais le cœur emballé, j'avale ces impressions, je ravale mon appétit d'autrui. Combien de temps encore? Il est temps, je crois, de reprendre le volant, le vrai, celui qu'on tient fermement entre ses doigts le temps d'un été et ensuite la vie entière pour cesser de perdre la direction de l'avant et reprendre possession des virages.
jeudi 11 juillet 2013
11.07.13
Tout a commencé à 7h35
entre Maastricht et cette ville de Visé dont la gare frise
l'autoroute. Le train nous fila entre les doigts, le poids de ma
valise ne me ralentissait pas plus que ça, le chef de gare a juste
jugé bon de siffler quelques secondes avant l'arrivée de 15
passagers. Soit. Ensuite, la voiture blanche m'attendait en warning,
je suis montée à l'arrière en
enjambant ce que je pouvais, comme si cette banquette avait passé
ses nuits à attendre le jour où la route me rendrait la liberté du
long way home. Dans le
rétroviseur, je croisais souvent les yeux d'une fille inconnue,
d'une autre Charlotte qui m'apprit qu'en Belgique les dictées
étaient souvent bannies des cours de français et les bras m'en sont
presque tombés. Ils finiront où les s à la deuxième personne si
on les oublie comme ça sans scrupules? Je frissonne facilement pour
ce genre de choses. Le silence s'est installé dans l'habitacle et,
comme souvent, je me suis regardée de l'autre côté de la vitre, un
appel de ma grand-mère en plein milieu de l'autoroute, mon
incapacité à répondre à son ''Alors dis-moi, tu es où là?'',
Paris au loin, le compte-à-rebours qui avait été lancé dès mon
réveil quelques minutes avant 6h, mon jus de fruits pressé qui se
réchauffait à mesure que le soleil tapait, l'odeur du pain de mie
des sandwiches qui n'en sont pas des vrais, la tête de la
fille devant moi qui tombait d'un côté ou de l'autre et la route
qui s'élançait à travers l'appuie-tête.
Aux abords de la capitale, le périph' nous a prises à la gorge sans attendre et les minutes défilaient nettement plus vite que les kilomètres. Les trains n'attendent pas, c'est bien connu. En deux secondes me voici parachutée dans un rame de métro, puis une autre, et une troisième très imprévue, me voilà le front dégoulinant, les bretelles glissant, les pieds gonflant, les seins secoués et le souffle court sur le pont Charles de Gaulle, 29° au compteur, entre deux gares qui ne m'avaient jamais parues si éloignées. Les sièges des trains corail ont perdu depuis longtemps leur patin, ils collent aux cuisses comme des ventouses. J'ai bien vu, monsieur qui lisait le Nouvel Obs et posa son billet pour Périgueux bien à plat sur la table, votre regard interrogateur face à la rougeur de mon visage, oui oui, vous aussi, jeune bourgeois scrupuleusement moustachu, mais j'ai couru, je me suis extirpée de mon propre corps du mieux que je pouvais, si vous saviez combien de couloirs j'ai avalés et de minutes j'ai comptées, celles qui tournaient et celles que j'aurais voulu rallonger pour tout au monde, avant de pouvoir vous demander, à vous, de me monter ma valise sur la galerie, et à vous, d'échanger de place pour que le paysage s'offre à mes yeux plutôt que de courir après lui et que tout se brouille.
Pendant quatre heures, j'aurai suivi le fil de cette conversation qui plongeait le compartiment entier dans les dessous des productions du cinéma français. Et bam, la fiction se réduit à la plus pragmatique des réalité faite de chiffres, de budgets, de décors, de locations de décors, de coups de fil foireux, d'imprévus mal gérés, de comédiens antipathiques et d'endurance sur le long terme. Toujours est-il que ces trois passagers étaient là pour tourner un court-métrage à, je l'apprendrais plus tard, presque trois pas de ma maison. Cela veut dire qu'à quelques kilomètres de moi, de cet être qui écrit alors que les fenêtres sont noires, que les lampadaires résistent aux orages et aux grillons, sur Muy Tranquilo de Gramatik, ces jeunes personnes s'affairent sur les routes du Lot pour faire voir le jour à un projet. On s'est suivis jusqu'à la petite gare du terminus, le long du paysage qui apaise de son vert, les vaches limousines, les gares désertes, les noms qui sonnent si bien, les anciennes plaques d'immatriculation sur la plupart des voitures, tout ça, tous ces éléments qui soufflent souvent quelques chose comme tant que nous sommes là, ça ne pourra pas être complètement la fin de l'espoir. Ces personnes-là ne se retourneront pas, pas même pour me sourire en guise d'au revoir, alors que moi je m'étais préparée deux phrases bien ficelées pour finir cet échange en pointillés, pour les revoir peut-être et assister à la naissance de leur film prometteur. Non, pas de regard ni de clin d'œil, cela m'a bien sûr permis d'accuser le manque de spontanéité de tous les français, tous autant qu'ils sont, autant que nous sommes, mais j'ai ouvert la porte de ma maison avec la ferme impression that I should be here and nowhere else.
Aux abords de la capitale, le périph' nous a prises à la gorge sans attendre et les minutes défilaient nettement plus vite que les kilomètres. Les trains n'attendent pas, c'est bien connu. En deux secondes me voici parachutée dans un rame de métro, puis une autre, et une troisième très imprévue, me voilà le front dégoulinant, les bretelles glissant, les pieds gonflant, les seins secoués et le souffle court sur le pont Charles de Gaulle, 29° au compteur, entre deux gares qui ne m'avaient jamais parues si éloignées. Les sièges des trains corail ont perdu depuis longtemps leur patin, ils collent aux cuisses comme des ventouses. J'ai bien vu, monsieur qui lisait le Nouvel Obs et posa son billet pour Périgueux bien à plat sur la table, votre regard interrogateur face à la rougeur de mon visage, oui oui, vous aussi, jeune bourgeois scrupuleusement moustachu, mais j'ai couru, je me suis extirpée de mon propre corps du mieux que je pouvais, si vous saviez combien de couloirs j'ai avalés et de minutes j'ai comptées, celles qui tournaient et celles que j'aurais voulu rallonger pour tout au monde, avant de pouvoir vous demander, à vous, de me monter ma valise sur la galerie, et à vous, d'échanger de place pour que le paysage s'offre à mes yeux plutôt que de courir après lui et que tout se brouille.
Pendant quatre heures, j'aurai suivi le fil de cette conversation qui plongeait le compartiment entier dans les dessous des productions du cinéma français. Et bam, la fiction se réduit à la plus pragmatique des réalité faite de chiffres, de budgets, de décors, de locations de décors, de coups de fil foireux, d'imprévus mal gérés, de comédiens antipathiques et d'endurance sur le long terme. Toujours est-il que ces trois passagers étaient là pour tourner un court-métrage à, je l'apprendrais plus tard, presque trois pas de ma maison. Cela veut dire qu'à quelques kilomètres de moi, de cet être qui écrit alors que les fenêtres sont noires, que les lampadaires résistent aux orages et aux grillons, sur Muy Tranquilo de Gramatik, ces jeunes personnes s'affairent sur les routes du Lot pour faire voir le jour à un projet. On s'est suivis jusqu'à la petite gare du terminus, le long du paysage qui apaise de son vert, les vaches limousines, les gares désertes, les noms qui sonnent si bien, les anciennes plaques d'immatriculation sur la plupart des voitures, tout ça, tous ces éléments qui soufflent souvent quelques chose comme tant que nous sommes là, ça ne pourra pas être complètement la fin de l'espoir. Ces personnes-là ne se retourneront pas, pas même pour me sourire en guise d'au revoir, alors que moi je m'étais préparée deux phrases bien ficelées pour finir cet échange en pointillés, pour les revoir peut-être et assister à la naissance de leur film prometteur. Non, pas de regard ni de clin d'œil, cela m'a bien sûr permis d'accuser le manque de spontanéité de tous les français, tous autant qu'ils sont, autant que nous sommes, mais j'ai ouvert la porte de ma maison avec la ferme impression that I should be here and nowhere else.
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